textes


> L’arbre et son double - Texte de Pierre-Yves Desaive 2013
> Publication : Art00+4, 2004. Texte de Pierre-Olivier Rollin.
> Etat - 2003
> Et si l’arbre refusait ? texte de Félix Roulin. 1994


Publication : Art00+4, 2004. Texte de Roger-Pierre Turine.


"Sculpteur, elle s’attaque au bois, au fer, à la pierre, au végétal... Des moyens de s’impliquer dans le monde"

Nonobstant la difficulté pour une femme de s’attaquer à des matériaux durs et sans pitié pour qui ne sait entrer en dialogue d’égal à égal avec eux, cette petite femme volontaire s’est attachée à nous illustrer notre identité contemporaine par le biais de ses approches métaphoriques des réalités. C’est souvent inattendu et toujours surprenant, dans la mesure où Joiris ne craint jamais d’associer vision du monde et utopie créatrice. L’artiste que voici ne nous impose rien. Son oeuvre n’a rien de définitif. Elle favorise, au contraire, cette "mutation" que la diversité de ses conquêtes sculpturales peut expliciter, témoignant ainsi de sa lucidité face au monde. Pas d’art pour l’art avec cette artiste que rien, et surtout pas le sens de nos existences dans les registres économico-politiques actuels, ne peut laisser indifférente. Vous serez peut-être étonné de la découvrir au travers d’oeuvres n’ayant, en apparence, aucun point commun entre elles. Et pourtant ! Entre cette mappemonde affaissée sous le poids du béton, cette vidéo balayant l’espace d’un vert aussi naturel que fugitif, ces installations tendues comme des arcs, ses sculptures évolutives en raison d’une présence végétale ou son programme infographique distillant une suite de propositions sculpturales dans l’espace, il y a, dénominateur commun inébranlable, le souci d’une femme de 39 ans de nous clamer que, si la planête est ronde, faudrait faire gaffe à ne pas la géométriser carrée ! Quand Joiris intercale et oppose deux cactus pris au piège d’une articulation de fer, cela n’a rien d’innocent, d’esthétique. Quand elle met une installation de plantes sous perfusion, l’allusion est à peine déguisée. Il faut s’en faire une raison et, plus encore, s’en féliciter, Joiris décortique le monde par allusions, par sculptures interposées.

Roger-Pierre Turine 2004. Journaliste